"Une autre Afrique du Sud est possible: La résistance du peuple face au néolibéralisme"
Harare, Zimbabwe, les 13-15 octobre 2005.
Introduction
Les droits au logement ont été l’un des thèmes de la seconde édition du Forum Social de l’Afrique du Sud (
SASF) qui s’est déroulée à Harare, au Zimbabwe entre les 13 et 15 octobre 2005, deux ans après sa première édition à Lusaka au Zimbabwe.
Le
Forum Social pour le Zimbabwe (ZSF) a rendu possible le SASF dont la participation a atteint les 2’000 personnes. Il s’agit d’une partie d'un processus qui agit avec le
Forum Social Africain (ASF), un évènement en plein air basé sur sa propre
Charte de principes et qui a eu lieu à Bamako en 2002, à Addis Ababa en 2003 et à Lusaka en 2004. En janvier 2006, Bamako sera à nouveau l’hôte de l'ASF alors que Nairobi sera celui du Forum Social Mondial en 2007.
Le besoin d’organiser un Forum Social Sud-Africain s’est fait ressentir lors du second Forum Social Africain qui s’est déroulé à Addis Ababa entre les 5 et 9 janvier 2003. Préalablement au Forum Social Africain (ASF) et au Forum Social Mondial (WSF), les participants ont pris la décision d'établir des forums sous-régionaux comme manière d'obtenir divers points de vue d’un plus ample électorat sur les sujets socio-économiques et politiques d’Afrique. Chaque sous-région a été désignée avec la formation de son propre comité d’initiative constitué d’au moins cinq personnes. Six personnes représentant des mouvements massifs dans leurs circonscriptions ont été sélectionnées comme membres du
Comité Régional d'Initiatives d’Afrique du Sud (SARSC).
Des personnes et des organisations qui avaient, au préalable, assisté aux Forums Sociaux Africains et Mondiaux se sont réunis début mai 2003 et ont fondé le Forum Social du Zimbabwe. Celui-ci a organisé, entre les 9 et 11 octobre 2003, le premier
ZFS dans les jardins de Harare avec pour slogan "Un forum populaire pour la paix, la reconstruction et la prospérité du Zimbabwe". Au vue des résultats des expériences lors du ZFS, le Forum a décidé de participer au premier Forum Social Sud-Africain qui a eu lieu à Lusaka, en Zambie en 2003. La deuxième édition du ZFS a eu lieu à Harare avec pour slogan" Un forum populaire contre la pauvreté, les inégalités de sexe et toutes formes d'oppression ". Plus de 1’200 participants y ont assisté provenant de divers mouvements sociaux, organisations communautaires, syndicats, activistes contre le SIDA et le VIH, organisations pour les droits des femmes et de genre et de la jeunesse.
Objectifs et agenda
Les objectifs de la SASF étaient:
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Fournir la sous-région par le biais d’une plateforme afin que les activistes sociaux renforcent la démocratie et la mobilisation populaire.
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Défier de manière critique le "status quo" de pauvreté absolue, inégalité de sexe et discrimination, hauts niveaux de corruption, insécurité sociale, gouvernement inconstitutionnel, pandémie du SIDA et du VIH, etc…
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Construire un réseau de solidarité sous-régionale autour d'affaires sociales, politiques et de justice économique.
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Créer une coalition fluide qui garantisse la participation effective lors du futur Forum Social Sud-Africain (SASF), le Forum Social Africain (ASF) et le Forum Social Mondial (WSF).
Le comité organisateur a suggéré quatre sujets de haute importance:
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Le sujet des terres et du futur des communautés basées sur l'agriculture
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L'apparition de la solidarité professionnel et la relation avec les mouvements sociaux.
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Démocratie populaire qui satisfasse les besoins du peuple.
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Solidarité de personne à personne en Afrique du Sud.
L'événement a pris comme modèle le ton donné par l'ASF et le WSF. Les ateliers, séminaires et conférences ont eu lieu parallèlement à des activités indépendantes. Les séminaires et les ateliers collectifs se sont concentrés sur les affaires suivantes:
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Expulsions forcées, les terres et le futur des communautés basées l'agriculture
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L’apparition de la solidarité professionnel et la relation avec les mouvements sociaux.
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Démocratie populaire qui satisfasse les besoins du peuple.
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Solidarité de personne à personne en Afrique du Sud.
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Festival de la résistance.
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Les médias et la communication.
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La lutte contre le SIDA et le VIH.
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La recherche d’alternatives.
Les gouvernements d’Afrique du Sud ont été sommés de mettre fin aux politiques de privatisation et de permettre l’accès des terres aux gens communs. Depuis l'indépendance de l’Afrique du Sud en en 1994, seul le 3% de la terre a été redistribué entre les "sans terre" :
"La plupart des gens souffre parce qu'ils n'ont pas accès à la terre qui est privatisée et par conséquent ont recours à l'agriculture dans la cour arrière des maisons", a affirmé Tim Xipu du Comité pour la terre du Southern Cape.
Le Zimbabwe après les démolitions
Les démolitions massives de logements et terrains -Opération Murambatsvina- ont commencé le 19 mai 2005 au Zimbabwe. Le gouvernement a affirmé que des commerçants illégaux achètent des marchandises afin de créer des déficit artificiels et augmenter ainsi les prix dans l’économie dévastée du Zimbabwe (400% d'inflation, 7% de diminution annuelle, chômage massif, crise des combustibles, explosion des prix de l'alimentation).
On estime que plus de 700’000 personnes ont perdu leur logement comme conséquence de l’opération. Pour plus d’informations, consultez:
www.habitants.org,
Operation Murambatsvina,
Kubatana.
L'opération continue malgré les demandes formulées par une longue liste d’agents locaux et internationaux, églises et organisations non gouvernementales pour que le gouvernement mette une halte à la situation. L'opération continue malgré l'arrivée le 27 juin 2005 d'un envoyé spécial des Nations Unies pour analyser la situation, et en dépit de l'annonce publique faite alors assurant que l'opération avait cessé. Elle n'a non plus pas pris fin à la suite du communiqué public du Rapport hautement critique d'Envoyé Spécial de l'ONU le 22 juillet 2005 dont l’une des recommandations principales était que l'opération devait immédiatement être suspendue. Une seconde opération, Garikai, est maintenant destinée à la reconstruction malgré les critiques et les résultats peu visibles.
Au
SASF et au nom de l'
Alliance Internationale des Habitants, Alessio Surian, s’est rendu à un atelier de trois jours co-organisé avec
Housing People of Zimbabwe, Combined Harare Residents (CHRA), Action Aid. L'atelier était l’occasion pour les personnes victimes d’expulsions de partager leurs expériences et exprimer leurs craintes quant au futur. Alessio Surian a introduit "la Campagne Zéro Expulsions" en incluant l'idée d'établir un
fond populaire pour les droits à la terre et au logement. L'atelier a fait valoir les propositions et les a présentées au SASF. La proposition de Zéro Expulsions a lancé un débat quant à la capacité des mouvements sociaux au Zimbabwe de lancer une campagne pour les droits au logement. Le président de CHRA, Mike Davies, a exprimé son intérêt à devenir membre de l’IAI et à promouvoir la campagne Zéro Expulsions. CHRA fait partie du réseau national d'
Associations de Résidents du Zimbabwe (ZUMA).